mercredi 13 février 2008

Juno - Jason Reitman, 2007

Je ne vais pas tourner autour du pot ni chipoter mon plaisir, je vous demande de courir voir ce film, séance tenante. Voilà, ça c'est fait.

Maintenant je peux vous en parler, un peu, pas trop non plus parce que je n'ai pas envie plus que cela de déflorer le charme de cette histoire où, justement, une fille (la Juno du titre) déflore un garçon pour passer le temps, en l'espèce son éberlué de on-va-dire-petit-copain, et se retrouve derechef enceinte. Le scénario puise sa force et son punch dans la direction que prend l'histoire, et le ton adopté pour la raconter: en gros, Tout Sauf Mièvre (ou Misérabiliste). Juno, 16 ans au compteur, ne se laisse pas démonter un seul instant et prend les choses en main en décidant de proposer son enfant à venir à l'adoption par un couple en mal de bébé (la scène où elle déroule son plan parfaitement huilé à son père et à sa belle-mère est hilarante). Rien ne se passera exactement comme prévu, évidemment, mais c'est totalement secondaire. L'épatante parturiente de poche grandit sous nos yeux, sous le poids d'une responsabilité qui lui tombe dessus presque par mégarde et qu'à aucun moment elle ne tente d'esquiver ou d'exploiter pour se poser en victime. Bien au contraire, elle saisit l'occasion qui lui est donnée de faire prendre à sa vie une nouvelle ampleur (tandis que son ventre lui aussi s'étend), et de vraiment comprendre ce qu'elle veut faire d'elle-même.

La toute jeune femme, dont le bagout et les goûts... pour le moins alternatifs (on va dire) la situent entre Bart Simpson et Wednesday Addams, est incarnée par la ravissante Ellen Page, qui emporte tout sur son passage à force d'être pêchue, têtue, et de montrer à son entourage qu'elle ne composera pas avec leurs petites hypocrisies. On regrettera peut-être (si vraiment vraiment on cherche) que les personnages des parents adoptifs soit esquissés si sommairement. On ne saura pas grand-chose d'eux au-delà du côté control freak de madame et de l'incapacité de monsieur à clore le chapitre de l'adolescence (ceci dit, il m'a très fort fait penser à quelqu'un que j'ai connu....).

Mais peu importe: Juno, à elle seule, gagne à être connue et aimée, avec sa petite moue de nana à qui on ne la fait pas.

2 commentaires:

Alligator a dit…

[monsieur à clore le chapitre de l'adolescence (ceci dit, il m'a très fort fait penser à quelqu'un que j'ai connu....]

????
Un nom, sinon ce n'est pas de jeu!

Bon sinon, je suis d'accord avec toi, petit film en apparence mais qui se révêle fécond et plus profond qu'il n'y parait a priori. Grace à un délicieux scénario, bien balancé, écrit avec soin, où les évènements coulent de source, grâce à des comédiens qui jouent juste, simple. Un film nature sur une question de moeurs, sérieux sans être grave, comique sans être dissolu dans une forme parodique ni vulgaire. Les traits ne sont pas grossiers si ce n'est effectivement pour le couple Garner/Bateman, petite scorie du film. Chouette film.

Jack Sullivan a dit…

Pas de nom, désolée ;-) Je pourrais écrire des volumes sur sa pathologie, mais il ne mérite pas que je le fasse mousser ainsi (même en mal).
Et puis franchement, je ne suis pas là pour parler de ça, non? Si.