vendredi 18 janvier 2008

It's a free world... - Ken Loach, 2007


Elle en veut, Angie (Kierston Wareing), ça oui! Il faut dire qu'elle en est vite réduite à se bagarrer toute seule, armée seulement de son culot monstre et de son charme de petit prédateur femelle, entre un ex aux abonnés absents, un petit garçon assoiffé d'amour et la perspective d'un boulot stable et valorisant qui ne cesse de se dérober sous ses pieds...

Elle a déjà supporté plus que son lot d'humiliations, ses parents qui n'ont connu que le plein-emploi et la carrière-pantoufles ne peuvent pas la comprendre, alors quand son agence de placements la vire elle a vite fait de passer "de l'autre côté". Elle se fait marchande de petites mains bon marché et très vite la perspective de l'argent facile la grise, elle devient aussi marchande de sommeil, semi-maquerelle, bien sûr tout ceci n'est que provisoire, bientôt elle lâchera tout cela pour se consacrer à son fils et ses affaires redeviendront légales, promis.
Sauf que non, le moyen devient le but, il n'y a jamais assez d'argent lorsque la loi ne sanctionne jamais vraiment que les clandestins eux-mêmes (mais pas ceux qui les exploitent)...
Si ce film n'est pas pour moi le meilleur Loach (que j'irais chercher du côté de My name is Joe ou de Sweet sixteen, pour ne pas parler du plus ancien Raining stones), il n'en a pas moins un immense mérite: faire à ce point la part des choses qu'il choisit d'embrasser le point de vue de celle qui aurait pu (dû?) passer pour la "méchante". Il est vrai qu'il est considérablement aidé dans cette tâche par son interprète principale, juste assez butée et vénale pour être antipathique, juste assez immature dans son déni de la réalité (elle va jusqu'à effacer le souvenir des réfugiés qu'elle a aidés) pour être touchante.

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