vendredi 4 janvier 2008

Un ticket de rétro pour 2007

(Le portrait chinois de mon année de ciné.)

Si c’était…


… une profonde perplexité (et un bon mal de tête) : L’esquive. Dire qu’on m’a tellement dit, en quatre ans, que je « devais » le voir !

… un film noir qui déchire à chaque plan : Les tueurs de Siodmak, maintenant je comprends pourquoi c’est une référence.

… un fou-rire (en avion) : la kitscherie lycra du patinage artistique dans Les patins de la gloire, avec du Will Ferrell dedans.

… un baîllement : le plan final interminable de De l’autre côté de Fatih Akin. Ou Toute une nuit de Chantal Akerman.

… le souffle qui manque: Madame et ses flirts (The Palm Beach Story), qui laisse l’impression d’avoir passé des heures à courir après Claudette Colbert et Joel McCrea.

… des conditions de visionnage héroïques : Une journée particulière de Scola, dans un amphithéâtre surchauffé et alors que je ne suis armée que d’une bouteille d’eau minuscule.

… un soupir d’exaspération : les multiples « coïncidences » ultra-écrites, dans De l’autre côté (si quelqu’un peut m’expliquer le prix du scénario à Cannes ou la dithyrambe des critiques, m’écrire d’urgence, merci). Ou les dialogues des Témoins : je ne peux pas imaginer qui que ce soit parler ainsi dans la vraie vie des vrais gens (décidément, Téchiné et moi, hein…).

… les larmes qui tombent toutes seules : la maternité niée et repoussée dans Nénette et Boni de Claire Denis. L’histoire qui n’aura jamais lieu de Brève histoire d’amour de Kieslowski.

… les neurones qui font « burp » en chœur : la découverte (enfin !) de Berlin Alexanderplatz de Fassbinder, l’équivalent d’un banquet d’intelligence de la narration cinématographique.

… quelque chose qui m’a sûrement échappé : La voie lactée, de Buñuel.

… un montage pénible : Au service secret de Sa Majesté. Ah bah oui mais le réalisateur est monteur de formation, que voulez-vous.

… le ventre qui fait « ssgrouiîîk » pendant le film et une fringale pressante en sortant de la salle: Ratatouille !!!

… une performance d’acteur/trice : le plaidoyer enfantin et passionné de Shirley MacLaine devant Martha Hyer dans Comme un torrent de Minnelli. Ou le jeu de Carice van Houten dans Black book.

… l’escroquerie qui saute aux yeux : l’ « emprunt » grossier d’une séquence entière de braquage de banque dans le Dillinger de Max Nosseck (la scène provient de J’ai le droit de vivre de Fritz Lang, antérieur de 8 ans et vu juste une semaine après). Pas étonnant que j’ai trouvé cette scène mieux mise en scène que le reste du film !

… la peur du vide : le vertige glacé qui saisit à la vision du Septième continent de Haneke.

… un pur plaisir : Scaramouche (et je ne parle pas du plaisir des yeux à voir le beau Stewart Granger virevolter).

… une tête à claques devenue sympathique : l’insupportablement décidée Joan Webster de Je sais où je vais, de Powell & Pressburger, vaincue par le romantisme de l'Écosse.

… un salut à de grands messieurs disparus : Pile ou face de Robert Enrico (avec Philippe Noiret et Michel Serrault).

5 commentaires:

Alligator a dit…

Bonjour madame, moi je voudrais de vous une critique de The life and death of Colonel Blimp... c'est possible?

Jack Sullivan a dit…

C'est en projet, justement! Il me faut juste le temps de m'y replonger...

Alligator a dit…

merci madame pour la critique du Colonel Blimp.
Maintenant je voudrais une critique de La grande vadrouille.

Jack Sullivan a dit…

Heuuuuuuu... non, en fait non, j'ai piscine là.

Alligator a dit…

petite nature...