mercredi 14 juillet 2010

Tournée (Mathieu Amalric, 2010)

(Yipee, mon déménagement s'est globalement bien déroulé, les cartons ont presque tous été éradiqués - non, monsieur à l'air sévère dans le fond, ce n'est pas une nouvelle perversion - et, icing on the cake, ma ligne ADSL a été transférée à ma nouvelle adresse en moins de 24h. Que demande le peuple, franchement? Bon OK, mais à part tout ça, honnêtement???)

Donc voilà, comme je l'annonçais ici (en m'avançant un brin trop sur un calendrier qui s'annonçait chargé, mais je ne me referai pas à mon âge), j'ai profité de la première accalmie venue (en la provoquant un peu tout de même) pour aller voir Tournée, dont la presse péri-cannoise nous avait promis monts (de Vénus) et merveilles. Je ne suis pas si naïve tout de même pour me fier à l'aveuglette à ce genre de buzz, je me doutais que le film d'Amalric ne méritait pas nécessairement tant de tapage et probablement pas (désolée Mathieu, tu sais que je t'aime depuis Comment je me suis disputé...) le Prix de la Mise en Scène. Hélàs, j'ai eu quelque peu raison, encore que.

Encore que Tournée n'est vraiment, décidément pas, un mauvais film. Il s'en faut de beaucoup. C'est un film éminemment aimable, parce que tendre avec ses personnages. 
Les filles, d'abord et avant tout, qui émettent autant de lumière qu'elles en accrochent sur la scène de leurs spectacles new burlesque, avec leurs cache-tétons pailletés, leurs strings symboliques et leurs plumes partout-partout. Elles ont la beauté insomniaque et trop poudrée de celles qui ne doivent être vues que sous des spots aveuglants ou à la lumière jet-laggée des hôtels, mais elles gloussent comme des gamines en se chatouillant mutuellement les orteils, se damneraient pour une coupe de champagne ou une pomme au milieu de la nuit, et sont capables d'assaillir en hurlant de faim un livreur de pizzas. Elles sont magnifiques et captivantes... et c'est bien là une partie du problème (en tout cas, du mien) car on a l'impression de rester en surface de leurs vies, de leurs âmes, on aimerait tant en savoir plus. D'où viennent-elles? 



Mimi Le Meaux, pour ne parler que d'elle (c'est malgré tout celle que l'on voit le plus à l'écran, même si l'on n'en apprend pas plus sur elle, à tout prendre, que sur ses camarades), que fuit-elle, pourquoi a-t-elle ces accès de mélancolie, ces soudaines fringales de contact charnel? À moins que je ne sois dans l'erreur (mais si mais si, ami lecteur, c'est possible) et que l'intention d'Amalric réalisateur ne soit de nous donner à partager une pure tranche de vie débarrassée de toute contextualisation ou psychologisation foireuse... Je ne sais pas mais je reste sur ma faim. 

Amalric acteur fait ce qu'il fait le mieux à mon goût, le type un peu veule, un peu lâche, très en fuite et mauvais menteur, constamment mort de honte d'être continuellement démasqué dans ses insuffisances (ses jeunes enfants y parviennent au bout de quelques mots, c'est tout dire). Mais tellement en demande, tellement dépendant du foutoir ambulant qu'il a créée et qui le tient debout, tellement touchant! Amalric réalisateur.... je ne sais pas. Il y a des moments suspendus et ravissants, beaucoup de scènes gâchées par une photographie moche (disons le mot) ou par un montage un peu trop rapide.

Pour résumer, c'est un film où les girls sont les patronnes, c'est leur show, pas de doute, et le spectateur comme l'acteur/réalisateur ne peut que regarder, baba, se déchaîner devant lui cet ouragan de faux-cils et de strip-teaseuses diversement pudiques ou exhibitionnistes.


2 commentaires:

Abronsius a dit…

Le Cassavetes m'est resté en tête tout le long du film, ce qui, en comparaison, m'a empêché d'apprécier celui-ci...

Jack Sullivan a dit…

Je peux le comprendre! Moi c'est l'affiche terriblement fellinienne qui m'a fait espérer des choses qui, nécessairement, ne sont pas venues. Mais je ne sais pas si le film d'Amalric aurait mieux rempli ses promesses sans des comparaisons aussi désavantageuses.